samedi 24 mars 2007
BRASIL. Je suis dengue!!!
mardi 13 mars 2007
BRASIL. La Bush des femmes
8 mars. Journée internationale de la femme et journée de visite de Bush au Brésil. En marchant avec empressement pour arrivée avec un retard brésiliennement raisonnable à ma réunion, je constate que l'artère principale est bloquée par une manifestation. Il s'agit de l'accueil réservé à Bush dont j'ignorais la venue jusqu'alors. Attiré par l'odeur de canne à sucre de l'éthanol brésilien (en fait, seulement par sa technologie de fabrication parce que la production brésilienne est stoppée par des barrières tarifaires exubérantes), Bush a fait sa petite tournée de moins de 24h pour tenter de convaincre Lula de partager ce savoir précieux avec ses voisins de l'Amérique centrale afin que les É-U puissent s'en procurer à moindre coût. À en croire le visage du président brésilien à la une des journaux, serrant timidement la main de l'autre avec un sourire on ne peut plus forcé, je me demande si le détour a valu la peine.
Le fruit du jour : le jambu (à ne pas confondre avec le jambú, ce cresson engourdissant..), à la texture de coton à l'intérieur, mais au goût délicieusement rafraîchissant.
Moi, je continue mon chemin vers une rencontre qui a été des plus productives avec Peabirú, l'organisation qui monte le projet à Curuça et qui risque de devenir un futur partenaire d'Ecomaris dans ses projets écotouristiques. Le soir venu, je suis invitée au Teatro da Paz, le plus vieux théâtre de Belém qui date de la belle époque du caoutchou de l'Amazonie (fin du 19e-début du 20e). On peut constater en voyant l'architecture du théâtre et son intérieur luxueusement décadent qu'à ce moment-là, Belém était
LA destination la plus hot. Tous les grands artistes européens venaient y exposer, accompagnés de l'élite parisienne et d'autres richissimes personnages. Pour ma part, c'était un spectacle de 4 chanteuses de la région qui m'y amenait, unies malgré leurs styles extrêmement différents pour célébrer la féminitude à travers des sambas sur le thème du jour : les femmes. Intéressant, même si je n'ai reconnu qu'une seule chanson parmi toutes : "Alguiem me avisou pra pisar nesse chão devagarinho..." ("Quelqu'un m'a avisé de "piler" sur ce plancher tout doucement"... on se comprend j'espère?)
Sinon, j'ai passé mon dimanche miraculeusement ensoleillé à réparer un vieux vélo (mauve!) qui trainait dans la cour arrière. Ah! J'étais si heureuse d'ENFIN pouvoir enfourcher une bicyclette, sentir le vent dans mes cheveux et découvrir un peu mieux la ville grâce à mes deux vieilles nouvelles roues. Après être allée gonfler les pneus et m'être presque tuée (le garde-boue est allé se coincer dans ma roue arrière alors que je pédalais...ok, j'ai d'autres talents que celui de réparer des machines roulantes), je me suis aperçue que le vélo était vraiment devenu impraticable à cause de ma roue maintenant toute tordue. Alors que je sacrais sur le bord de la route, un vieux cycliste s'arrête et m'offre son aide. Il me donne rendez-vous à un bar tout près et me demande de l'attendre pendant qu'il va chercher les clés nécessaires à la réparation. Hummm... Après avoir "jasé avec mon instinct", je suis allée l'attendre au bar de mon voisinage. Il me revient tout content de voir que je suis là et se produit alors une mobilisation du bar autour de la carcasse, chacun offrant ses conseils avec quelques bières dans le nez. On a réussi à faire tenir le tout à coup de petits bouts de fil de fer par-ci par-là et me voilà repartie en laissant derrière moi un groupe de buveurs du dimanche qui me saluent de la main, presque émus de voir leur grande fille partir sans ses roulettes arrières...
Le fruit du jour : le jambu (à ne pas confondre avec le jambú, ce cresson engourdissant..), à la texture de coton à l'intérieur, mais au goût délicieusement rafraîchissant.Demain, pour mon anniversaire, on cuisine un gros poisson qu'on aura laissé mariner toute la journée dans une mixture de fruits tropicaux et d'épices. Je me charge de la gazpacho et du gâteau dont la saveur reste à déterminer cette nuit...
mardi 6 mars 2007
BRASIL.Tango brasileiro
Retour au labeur et au rythme de la création partenariale. Je suis déménagée dans une grande maison rouge que je partage avec 7 personnes et 4 chats. Je m'y sens comme un piranha dans l'eau avec notre belle terrasse, notre grand jardin (admirer nos plantes sur les petites photos) et toute cette belle compagnie. Le principe de la maison est simple : nous devons former une famille avec tout ce que cela implique, c'est-à-dire les repas collectif dans le possible, les bonjours le matin, les bisous de bonne nuit, la présentation des amis (même éphémères)... etc. Bref, ça fait du bien de se sentir à nouveau dans une petite communauté temporaire.
Le seul hic : les moustiques transmetteurs de la fièvre dengue ont également senti la bonne énergie de la place et traînent constamment sur notre terrasse. Résultat : Yan est contaminé depuis la semaine dernière et à le voir marcher comme un zombi les yeux en sang, je me croise les orteils pour ne pas être la prochaine cible de la maison. On ne rit pas, la dengue hémorragique peut être mortelle. Sinon, c'est la joie. Chacun travaille de son côté (plusieurs rédigent également leur thèse de maîtrise ou de doc) et se mêlent subtilement des affaires des autres... Justement, alors que je faisais ma coupe hebdomadaire dans le jardin, on a comploté pour me croquer en photo à mon insu. J'ai aimé la redondance du thème...
Par ailleurs, le partenariat entre Ecomaris et Fotoativa fait son chemin et semble enfin se concrétiser autour d'un projet à Curuça, un village insulaire devenue tout récemment une réserve écologique pour la richesse de ses mangroves, une végétation essentielle à l'équilibre des écosystèmes. Tout comme les pêcheurs du Marché Ver-O-Peso, les habitants de Curuça se voient obligés de réorienter leurs activités économiques, si ce n'est pas carrément
bien cette idée de complémentarité dans les démarches parce que franchement, on a tendance à monopoliser les ressources pour les besoins matériels et les infrastructures alors que l'intégration des valeurs écologiques par la connaissance et l'appropriation de son environnement est fondamentale dans ce processus. Je rencontre donc des responsables du projet demain et je compte bien me rendre à Curuça au cours du mois de mars pour sentir un peu le pouls de l'endroit pour concevoir de quelle manière les groupes de jeunes d'Ecomaris pourront participer à ce mouvement de rénovation dans un esprit d'interaction avec les jeunes de Curuça. Ça promet, c'est mon petit doigt qui me le dit.
Autre petit voyage prévu à la mi-avril : l'Argentine!!! Eh oui, j'ai acheté mon billet d'avion hier à destination de Buenos Aires où se tiendront les Premières Journées Internationales Eau et
Jeunesse, un événement d'envergure qui "réunit des jeunes leaders des quatre coins de la planète qui entreprennent des projets reliés à la question de l’eau, que ce soit pour garantir le droit à l’accès à l’eau potable, promouvoir une gestion intégrée des bassins, transmettre une nouvelle culture de l’eau." Tiens, tiens, tiens... C'est incroyable à quel point les trucs se bousculent pour arriver juste au bon moment. J'y rencontrerai d'ailleurs une représentante du Secrétariat international de l'eau qui serait possiblement intéressé à notre projet Olhos d'Agua. Et bien sûr, c'est vraiment une joie intense de me rendre en Argentine le temps de 7 nuit de tango. Pour en savoir plus sur l'événement : www.waterandyouth.org
jeudi 1 mars 2007
BRASIL.Carnaval 101
empêchée de me retrouver seule au beau milieu du Sertão (l’intérieur désertique de la région du Nordeste brésilien) alors que l’autobus est parti sans moi (évidemment !) après une pause toilette. Tout l’autobus s’est mobilisé pour que le chauffeur rebrousse chemin et j’ai eu le droit à un accueil triomphal à mon entrée dans l’autobus, une sérénade en l'honneur d'une genevièverie évitée de justesse. Je me suis sentie tellement appréciée tout d'un coup. Bordellement soulagée surtout. J’imaginais déjà ma vie à cultiver les terres arides du village où je me trouvais prisonnière, marier le plus beau gars du coin et faire 9 enfants.
Dans le contexte Recife et Olinda, les copines et moi avons donc adapté notre accoutrement selon le degré d'intensité projeté de la folia : sur les photos, on voit la version soirée tranquille et la version "noite de locura"...
Malheureusement, la fête à son apogée s'est terminée pour moi lorsqu'une grosse grippe m'a fixée au hamac pour quelques jours. Eh bien, ma fièvre m'a quand même amené son lot de délires hallucinatoires alors que les copains se préparaient à sortir...
Pour conclure l'aventure carnavalesque et reprendre des forces, on opte pour une sortie sur le littoral sud loin de la ville. D'ailleurs, c'était assez symbolique comme expérience. 7 ans après avoir foulé cette plage lors de notre périple de 350 km à marche sur le littoral brésilien de Recife à Maceio, Maria et moi nous retrouvions ensemble sur ce même morceau de sable... Seulement, au lieu de la solitude zen d'autrefois, on se trouvait avec uma galera totalmente doida (traduction: une gang de malade) qui surfait et se jetait dans des vagues dangereusement énormes. Je m'y suis
risquée, moi-même, mais je dois dire que j'ai compris le principe de la noyade.
Affamés le soir venu, nous sommes invités chez Zé qui insiste pour nous faire griller sur la braise un poisson appelé Xereu . Impossible de refuser quoi que ce soit à cet hyperactif qui a même grimper l'arbre de sa cour pour nous décroché quelques cocos à boire pour la route de retour. Ce petit vidéo démontre quand même que les normes d'hygiène sont relatives (personne n'a été malade).
En attendant le poisson, un petit jam pernambucano s'imposait...
Bon voilà, j'ai essayé d'être concise malgré la présentation chaotique (à l'image de mon séjour), mais vraiment, je suis en état de retenue pour ne pas faire ma touriste cassante qui étale toute ses photos et son blabla. Tout ce que je peux ajouter, c'est que j'ai eu ma première poussée de dents de sagesse en plein carnaval... Serait-ce l'influence des longues conversations avec mes deux soul sisters ou plutôt le signal que, cumulant l'Espagne et le Brésil trois fois, j'en arrive à un certain degré de maturité dans mes états festifs? Méditation...
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